L'HORTICULTURE URBAINE A OUAGADOUGOU: CARACTERISATION ET PROSPECTIVE

C. Kedowide Mevo Guezo
L’horticulture urbaine résout des problèmes réels en ville: sécurité alimentaire, chômage, insertion sociale, assainissement de l’environnement, création d’espaces verts. Et pourtant, en dépit de ses fonctions vitales dans les pays en développement, elle y souffre d'un manque de reconnaissance et de poids économique, qui se justifient par sa demande en ressources rares et les risques sanitaires et environnementaux que sa pratique peut faire encourir. Cette situation s’illustre bien à travers le cas spécifique de Ouagadougou au Burkina Faso, terrain d’observation de la présente étude, dont l’objet est de faire une analyse prospective de l’activité agricole dans cette ville, et de fournir des informations pour l’aide à la décision relative à son expansion. La caractérisation faite à partir des données collectées sur le terrain en appelle à une activité dominée par l’horticulture maraichère et qui alimente le marché “ouagalais” à plus de 90% en fruits et légumes. Les exploitants sont assujettis à la disponibilité rare et controversée de la ressource foncière et hydrique ainsi qu’au caractère rudimentaire des équipements utilisés, la pauvreté des sols, et les risques sanitaires encourus par l’utilisation des eaux usées non épurées, des engrais chimiques et des pesticides. Le profil de l’agriculteur de la ville de Ouagadougou n’est pas, non plus pour autant favorable à une conduite prospère de cette activité. La plupart des exploitants ne sont pas instruits et ne disposent pas de connaissances agro-pédologique, économique, environnemental et sanitaire. Au centre des contraintes auxquelles le développement de l’agriculture urbaine se confronte à Ouagadougou, se trouve la question foncière et l’insécurité dans laquelle elle place les acteurs désireux d’investir pour le développement de la filière. L’inventaire spatial révèle l’existence de 102 sites agricoles répartis sur 35 zones. Cet inventaire prouve que loin de s’estomper, l’activité agricole ne cesse de se croître malgré sa presque interdiction alimentée par le caractère juridique “flou” qui l’entoure et les contraintes qui la caractérisent. L’adoption du SDAGO horizon 2025, un document d’envergure national adopté en Conseil des ministres, consacre l’espace vert à réhabiliter sur le territoire de la commune. C’est alors le tremplin idéal pour donner à cet espace toute sa fonction nourricière et faire ainsi de l’horticulture urbaine à Ouagadougou une réalité qui lui permettrait de participer à l’édification des villes agricoles ou villes de l’avenir de Mougeot (2006).

Abstract:
Horticulture in urban areas is a solution to real problems such as food security, unemployment, social integration, environment issues, green space creation and so on. Nevertheless, in spite of its vital functions in developing countries, urban horticulture suffers from a lack of recognition and carries little economic weight. This is explained by its use of scarce resources and the health and environmental risks associated with its practice. This situation is well put in evidence in the specific case of Ouagadougou in Burkina Faso, the city that features as the subject of field research conducted for this article. The study aims at making a forward-looking analysis of the agricultural activity in this city and to supply information for the decision-making support relative to its expansion. The characterization made from field data unveils an activity dominated by truck farming that provisions the urban markets of the city with more than 90% of its intake of fruits and vegetables. Truck farmers are subjected to the scarcity and controversial availability of land and water resources, as well as to the rudimentary character of the equipments used, the poor quality of soils, and the health risks associated with the use of untreated waste water, chemical fertilizers and pesticides. The skills of Ouagadougou’s farmers are not adequate enough to sustain a prosperous agricultural activity. Indeed, most of them had no formal schooling or training and do not have the required knowledge of agro-pedagogical, economic, environmental and sanitary issues. The key challenge facing the development of the agricultural activity in Ouagadougou is land use and access and the insecurity that deters investors from committing resources to the development of the sector. A spatial inventory reveals the existence of 102 agricultural sites distributed on 35 zones. This inventory proves that far from receding or being pushed aside, the agricultural activity does not stop growing in spite of a quasi-ban due to the “fuzzy” legal character that surrounds it and the constraints that characterizes it. The adoption of the SDAGO horizon 2025, a national large-scale document adopted during the Council of Ministers, designates green spaces to be rehabilitated on the municipality’s territory. It is then the ideal springboard to give to this space all its enriching functions and turn urban horticulture in Ouagadougou into a practice that can contribute to the to the real construction of Mougeot’s (2006) agricultural cities or cities of the future.
Kedowide Mevo Guezo, C. (2014). L'HORTICULTURE URBAINE A OUAGADOUGOU: CARACTERISATION ET PROSPECTIVE . Acta Hortic. 1021, 153-166
DOI: 10.17660/ActaHortic.2014.1021.13
https://doi.org/10.17660/ActaHortic.2014.1021.13
horticulture, maraîchage, agriculture urbaine, système d'information géographique (SIG), Ouagadougou
horticulture, truck farming, urban agriculture, geographical information system (GIS), Ouagadougou
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Acta Horticulturae